Ce qui vient généralement à l'esprit lorsque l'on parle du CMMI, ce sont les évaluations officielles permettant de démontrer l'atteinte d'un niveau de maturité.
Nous vous proposons ici de mettre de côté cet aspect, qui n'est que la « cerise sur le gâteau » ponctuant une étape d'amélioration continue, et non un but en tant que tel.
Focalisons-nous donc sur le CMMI V3, la dernière version du modèle sortie cette année.
Quelques régressions par rapport aux versions précédentes
- Une sensation de « redite » due principalement à la nouvelle architecture du modèle et à l'usage d'un vocabulaire moins technique.
- Une perte de matériel informatif, notamment pour les pratiques d'ingénierie dédiées au développement de systèmes.
- Un accès au modèle payant qui freine considérablement son utilisation dans nos contrées, que ce soit pour aller y piocher de temps en temps de bonnUn es idées ou pour structurer sa démarche d'amélioration continue.
Mais le CMMI reste clairement un modèle rempli de qualités
Tout d'abord, une ligne directrice sans équivoque mettant la priorité sur l'amélioration continue et pérenne de l'organisation :
- Choix des domaines de pratiques en fonction de ses objectifs « business ».
- Utilisation de la mesure dès le début de la démarche, et sans essoufflement possible grâce aux hauts niveaux de maturité basés sur l'analyse statistique.
Un contenu ultra complet :
- Couvrant aussi bien les besoins de ceux qui développent des produits que de ceux qui fournissent des services.
- Intégrant des bonnes pratiques pour ceux qui évoluent dans des contextes où la safety, la cybersécurité et le data management sont primordiaux.
- Proposant un axe dédié aux ressources humaines et à la collaboration à distance.
Une compatibilité totale, quelle que soit la dose d'agilité retenue et les frameworks utilisés, grâce à un positionnement sans ambiguïté sur le « quoi » et non le « comment ».
Des pratiques illustrées par des guides de mise en œuvre et des exemples couvrant de nombreux contextes, pour qu'un maximum d'organisations puissent se reconnaître.
Et enfin, un chemin progressif d'amélioration propre à chaque domaine de pratiques, permettant de se concentrer sur l'essentiel sans brûler les étapes.
Alors ? Le meilleur de tous, ce modèle CMMI ?
Une chose est sûre : il est unique de par son architecture et, surtout, son contenu XXL !
Avec lui, il est possible d'arriver dans n'importe quelle organisation pour l'aider à identifier ses axes d'amélioration, et cela sans y passer trop de temps. Pour cela, il suffit de choisir les domaines en lien avec le métier et les objectifs « business » de l'organisation, d'échanger avec ses collaborateurs sur le terrain, et de s'arrêter de creuser un domaine dès que des opportunités d'amélioration apparaissent (merci aux niveaux spécifiques à chaque domaine).
Un vrai « couteau suisse » du diagnostic en somme, et assurément le meilleur pour ce type d'exercice.
Et la concurrence ?
Bien sûr, il existe d'autres modèles très intéressants, mais ils sont souvent plus spécialisés et moins orientés objectifs « business » que le CMMI.
Citons par exemple ASPICE (dont la V4 vient tout juste de sortir d'ailleurs), qui est un incontournable dans le domaine automobile.
La norme ISO 15288 (par définition plus prescriptive qu'un modèle) peut aussi être très pertinente pour ceux qui développent des systèmes complexes et cherchent des pratiques couvrant l'ensemble du cycle de vie de leurs produits.
D'ailleurs, restez connectés : nous sommes justement en train de comparer l'ISO 15288 (2023) avec le CMMI V3, et nous disposerons bientôt d'un mapping ainsi que d'une synthèse comparative.
